Pascal Convert Histoire-Enfance, Michel Politzer fils de Maïe et Georges Politzer

www.pascalconvert.fr Être l’enfant d’un personnage célèbre n’est certainement pas une position facile. Il faut se faire, sinon un nom, du moins un prénom. Cela exige une force de caractère singulière mais la présence du père et/ou de la mère rend…

Pascal Convert Histoire-Enfance, Michel Politzer fils de Maïe et Georges Politzer

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Être l’enfant d’un personnage célèbre n’est certainement pas une position facile. Il faut se faire, sinon un nom, du moins un prénom. Cela exige une force de caractère singulière mais la présence du père et/ou de la mère rend possible un conflit émancipateur.
Mais qu’en est-il des enfants dont le père et parfois la mère ont disparu dans des circonstances particulièrement violentes et tragiques ? A première vue, on pourrait s’imaginer qu’être l’héritier d’un héros fusillé durant la Résistance, qu’il s’appelle Gabriel Péri, Georges Politzer, Charles Michels ou Pierre Semard donne une légitimité morale et sociale indiscutable. Mais ce serait être très loin de la réalité de la solitude qui va être la leur. Ces enfants de l’amour sont aussi des enfants de la mort et ils portent dans leurs bras ces deux fardeaux sans savoir où les déposer.
Leurs histoires sont au sens littéral extraordinaires.

Michel Politzer

Michel Politzer est né le 24 août 1933 à Biarritz. Son père, Georges Politzer, né en 1903 dans une famille juive hongroise, étudiant révolté, participe en 1919 à la révolution de Béla Kun à l’âge de quinze ans. Il termine de brillantes études et quitte la Hongrie. A Vienne, il découvre Ferencsy et Freud et s’imprègne de l’œuvre du psychanalyste. Il arrive à Paris en 1921 où il fait des études de philosophie jusqu’à l’agrégation. Fondateur de la revue Philosophies et de la Revue de Psychologie Concrète, sa réflexion est marquée par son intérêt pour la psychologie et la psychanalyse. Lors d’un voyage à Biarritz, il rencontre Maie Larcade, fille d’un grand cuisinier basque. Après des études dans une école religieuse, Maie Larcade est entrée à l’école des sages-femmes à Paris. Au contact de Georges Politzer, elle adhère au Parti communiste. En 1935, Georges et Maie Politzer se lient à Jacques Solomon et son épouse Hélène Langevin (fille du physicien Paul Langevin). Militants, professeurs à l’Université ouvrière, journalistes, Georges Politzer et Jacques Solomon sont bientôt rejoints par Jacques Decour (Daniel Decourdemanche). Dès septembre 1940, tous trois cherchent à organiser la Résistance universitaire. Après l’arrestation de Paul Langevin, ils fondent la revue L’Université Libre et La Pensée Libre. Arrêtés, torturés, Georges Politzer, Jacques Solomon et Jacques Decour ont été fusillés en mai 1942 au Mont Valérien. Dans un discours prononcé à Alger, le 31 octobre 1943, le général de Gaulle cita le nom de Politzer parmi les noms de ceux qui sauvèrent « la dignité de l’esprit ». Maie Politzer partit du camp de Romainville le 23 janvier 1943 pour Auschwitz dans le même convoi que Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo et Hélène Solomon. Elle mourut le 6 mars 1943 du typhus. Michel Politzer a été élevé par ses grand-parents maternels.

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